Jardin des littératures de l'imaginaire
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Devant la salle de la Main-Rouge.
Connor : — Magicienne, qu’a-t-elle vu dans son sommeil ? Quels secrets se sont échappés de ses lèvres ?
Leborham : — Rien que l’air chargé de ses rêves, ô roi des ifs millénaires. Quelques sons de batailles à venir, de désastres.
Connor : — La Guerre, de nouveau ?
Leborham : — Tenez, j’ai gravé pour vous ses paroles délitées.
Elle lui tend une tablette d’argile.
Connor : Il lit la tablette. — Deux armées, l’aigle et le serpent… Est ce-une métaphore ? L’aigle, ce peut être le Connacht.
(Il réfléchit) Le sang sur les mains, ce pourrait être le pays d’Ulster. Pourquoi nous voir comme le serpent qui rampe ?
(Un temps) Les vents mauvais, s’agit-il de sortilèges ? Je sais que certains druides sont capables de provoquer un brouillard magique pour perturber les ennemis.
(À Leborham) Peut-être que si je lui posais des questions plus précises…
Leborham : — Inutile. Tout s’est déjà dissipé. Elle se souvient de ses songes au réveil, mais ne les garde que quelques instants à l’esprit. Trop jeune pour maîtriser ce pouvoir.
Connor : — Comment se passe son apprentissage ?
Leborham : — Elle est courageuse et attentive. Elle exerce sa mémoire.
Connor : — Donne-moi la primeur de tout ce qu’elle accomplit, de chaque progrès. Fais-en une Étaine !
Leborham : — Qu’il en soit ainsi, Connor.