Jardin des littératures de l'imaginaire

L'enfant d'Asgard - Chapitre 42 : Celui qui te ressemble

« Freyr est l'un des rares vanes auquel tu puisses te fier et le seul qui soit prêt à t'accueillir. N'aies pas peur de ses étranges manières ; Ne le dévisage pas lorsqu'il ouvrira la bouche et qu'aucun mot n'en sortira. Freyr oublie encore parfois que sa langue n'est plus là. C'est un être doux mais bien plus robuste qu'il n'y prétend. Tu pourras reposer dans sa demeure. Son refuge sera le tien. Une place te sera gardée à sa table. Il te servira à manger, il veillera sur ton repos et se fera une joie de se nommer ton père. Cependant, je ne puis te forcer à être son fils si tu ne le désires pas. Si à ses côtés, tu ne trouves pas ton aisance alors ne reste pas, Lokten. Promets-le-moi. Freyr connaît mon caractère et il acceptera le tien. Il ne voudra pas te voir te tourmenter. Tu as connu suffisamment d'obscurité et de portes closes pour te permettre une part de son indulgence. Ne te mets pas seul dans une cage pour lui plaire et ne sois pas triste de ne plaire à personne si cela devait contrarier ta nature. Tu es sauvage, comme je l'ai été. Tu es sauvage parce que Heimdall t'y a contraint. Ta place pourrait être sur une île vierge ou au fond d'une forêt, loin de toute créature pensante ; elle pourrait aussi se trouver auprès d'autres êtres qui te seront semblables. Vois-tu, il existe des loups qui se plaisent à imiter les chiens pour quérir les caresses de leurs maîtres, et il en existe d'autres qui préfèrent errer seuls. D'autres encore, qui ne se plient à la docilité que pour des maîtres mûrement choisis. Aucune de ces races n'est supérieure aux deux autres et je ne puis te dire à laquelle tu appartiens. Tu es mon fils et tu es né de l'union de deux natures versatiles. Toutes deux pourraient s'être apprivoisées, avoir trouvé un équilibre en toi ou au contraire, s'être renforcées et se disputer un territoire. J'aurais voulu te connaître plus, mon fils, mon enfant. Je me blâme chaque jour d'avoir été trop faible pour empêcher ces murs de se refermer sur toi. Tout ce que je peux faire à présent, c'est te donner des griffes et des crocs : pour défendre ceux que tu choisiras de chérir ou pour t'échapper des pièges qui te seront tendus. Explore le monde qui t'entoure et garde de la méfiance là où nul ne pourra te protéger. Ne pleure pas, Lokten. Ta vie est sur le point de commencer. Ne tremble pas, mon fils. Le soleil chauffera bientôt ta peau blanche et il éclairera ton esprit. Il y a du beau par-delà les ténèbres, il y a la liberté, de l'autre côté et tu les verras bientôt. Bien sûr, je ne peux pas davantage t'obliger à aimer cet astre qu'à aimer Freyr. Alors au cas où tu ne t'entendrais ni avec l'un, ni avec l'autre... tends l'oreille Lokten ! Prête attention à la confession que je suis sur le point de te livrer. C'est un secret, tu ne devras le confier à personne. Cela doit rester dans le noyau de notre famille. Jure-le. Bien. Allons. Si tu ne trouvais pas un père en Freyr, alors quitte-le et quitte son royaume ainsi que je te l'ai dit. J'adorerais que tu trouves l'épanouissement en sa demeure, car elle est sûre, plus qu'aucune autre mais je n’oublie pas que les prisons sont toujours les endroits les plus sûrs et que les endroits sûrs ne sont pas faits pour toutes les créatures. Alors, si tu étais de celles-ci, suis les courants et rends-toi là où tu es né. Je t'ai mis au monde dans une source chaude de Svartalfheim, au pied de son plus ardent et de son plus imposant volcan. C'est une terre lointaine, torride et quiète. Tu t'y plairas si tu tiens de moi et tu aimeras te prélasser dans les nuages de vapeur si tu tiens de ton père. Ton père véritable, j'entends. Patiente là-bas. Ne te défie pas de Svartalfheim. Les hivers n'y sont pas rigoureux. La faim ne t'y tuera pas plus que la soif. Si ce lieu est désert, c'est parce que la couleur de son ciel effraie. Il y a longtemps, les armées d'Odin ont semé la mort et tous ceux qui vivaient-là ont disparu. Tu entendras leurs lamentations, tu verras peut-être leurs spectres emportés par le souffle des montagnes de feu. Ne les crains pas Lokten. Ils ne sont pas mauvais. Comme toi, ils cherchent seulement leur foyer. Ils te frôleront, ils te parleront et passeront leur chemin sans te blesser.

J'envie plus que tout ces esprits, sais-tu. Car moi, je ne pourrais te trouver là-bas. J'aurais voulu te montrer ces terres et partager avec toi toute leur majesté. Me souvenir avec toi de leur beauté. Je ne le pourrai pas mais Lui, si. Celui qui m'a aimée, celui qui aurait voulu t'aimer aussi. Lui, sera ton semblable. Attends-le car c'est un être de parole et il a promis de me retrouver un jour chaque année, là-bas. Jamais je n'ai pu honorer ce rendez-vous car cette journée, j'ai toujours préféré te la consacrer ; malgré cela, j'ai ouï dire que ton père n'a pas manqué un seul pèlerinage. Je ne nourris aucun regret vis-à-vis de mon choix, mon pauvre fils. Pardonne mon impuissance, Lokten. C'était là tout ce dont j'étais capable. Je t'en prie. Pardonne-la-moi. Je ne saurais trouver le repos tant que tu ne m'auras pas accordé ton pardon. Je te hanterai, je t'implorerai aussi bas que tu le désireras. Pardonne-moi. Je t'ai jeté sans défense dans ce monde sans amour. Délivre-moi de ce Mal qui écrase mon âme Lokten, j'en t'en supplie. Pardonne-moi. »

 

Lopten l'avait étreint, de toutes ses forces et une douleur intolérable avait déchiré le dos de son fils. Puis Lopten, honorant sa promesse, donna à son fils des griffes et des crocs. La lumière aveuglante. Le fracas des pierres. La terre écroulée. La confusion de Lokten, alors que les immenses membranes l'entraînaient tantôt vers le nord, tantôt vers le sud et qu'autour de lui, le chaos éprouvait tout à coup ses cinq sens. L'aveuglement, l'assourdissement, les particules glacées contre sa peau, les centaines d'odeurs en suspension. Son crâne bouillonnant de toutes ces informations lui parvenant et qu'il était incapable de traiter en un paysage cohérent.

Lokten n’avait pas pardonné Lopten. Elle avait promis de le hanter tant qu’il s’y refusait. Mais Lopten avait menti. Elle ne le hantait pas. Elle avait simplement disparu. Sans funérailles, sans hommage. Personne ne l'avait pleurée. Lopten aurait dû être là. Il ne l'avait pas pardonnée. Elle n'avait pas le droit de partir, de le laisser.

Lopten avait menti.

Aucun semblable n’attendait par-delà les murs de la prison de Heimdall, car nul ne pouvait plus lui ressembler qu'elle. Était-ce un tel poids que de le porter dans sa parenté ? Lopten avait menti sur bien d'autres points. S'était-elle trompée ? Avait-elle cru un instant en ses mots ? A l'extérieur des murs, n'existaient que d'autres prisons. La seule différence fut qu'il put les choisir, si l'on put considérer la nécessité comme une guide et non comme une contrainte. Il avait accepté cette cabine tissée de cordages sur le bateau, la grange à Nidavellir et désormais, les bras tremblants de celui qui l'enlaçait, avec une chaleur parfumée d'artifices. Freyr. Où était l'aisance décrite par sa mère ? Pourquoi ne s'était-il pas gonflé de joie, ou seulement de soulagement, lorsque le bienfaiteur tant attendu s'était présenté à lui ? Aucune reconnaissance ne se dessina. Ni à l'égard de Freyr, ni à celui de Loki ou de Sygn. Lokten ne désirait pas manger à la table des vanes, il ne désirait pas coucher dans l'une de leurs chambres.

La mort flottait en millions de fragments et eux, ces dieux-là, festoyaient parmi les cendres. Ne la ressentaient-ils pas ? Ce spectacle fit gronder une violente émotion qui lui donna le vertige. Honorait-on les morts de cette façon ? Qu'en avaient-ils tous à faire, des morts ? Où était leur culpabilité ? Où était leur chagrin ?

Sygn lui pressa la main. Rappel du présent qu'il lui fallait rejoindre. Il se laissa enlacer par ce père qui lui avait été attribué, avec la froideur d'une statue de pierre.

Freyr ne sembla rien remarquer. Du moins, il ne l'en blâma pas et cela n'atteignit en rien sa réjouissance. Lokten, que chaque nouveau signe de bienveillance révulsait davantage, le repoussa rapidement, geignant comme un chat mécontent. Tous deux n'avaient rien de commun. Comment Freyr pouvait-il prétendre le contraire ? Comment pouvait-il l'accueillir comme son propre enfant ? N'était-il pas trop tard pour se prétendre père ? Un père n'était-il pas celui qui protège, qui élève, qui enseigne ? N'était-ce pas supposément un calque masculin d'une mère ? Qu'était-ce qu'un père, une fois l'enfant devenu adulte, capable de marcher, de manger, de courir, de se soigner ? Quand était-il supposé apparaître ? Les animaux de la forêt ne se perdaient pas en hypocrisie, eux. Une fois les petits capables de subvenir à leurs besoins primaires, les parents s'en allaient. Et plus tard, jamais les loups n'allaient se réfugier dans le terrier des renards. D'ailleurs, les renards ne promettaient pas aux loups d'accueillir leurs petits. Sa place n'était pas là.

Seul le bras de Sygn, passé autour du sien, le retenait. Donne-lui une chance, paraissait-il signifier. Quelques journées, s'il te plaît, avait-elle fini par lui glisser à l'oreille. La générosité de Freyr n’avait d’égal que son infortune. Peut-être finirait-il par s'en accoutumer.

Lokten n’y croyait pas, il faisait semblant. Pour Sygn. Sygn. Elle lui ressemblait plus que ce dieu à la peau de bronze. Elle était son amie.

 

Bien vite, l'attention de Freyr se déporta vers Loki. Après des retrouvailles chaleureuses – licencieuses, il convia les trois voyageurs à partager ce qu'il restait du repas.

La servante disposa de nouveaux couverts et, à la demande de Freyr, reprit place sur ces genoux. Loki s'empressa de lui murmurer quelques grivoiseries à l'oreille. La jeune femme s'empourpra, non pas de gêne comme l'aurait cru un coup d'œil succinct, mais plutôt de plaisir. Elle se pinça la lèvre et dès lors, une deuxième paire d'yeux déshabilla le dieu de la malice.

  L’agacement de Freya éclipsa de loin celui de Sygn, qui préféra se concentrer sur la viande chaude qui venait d’être servie. Lokten ne se joignit pas à elle. Il ne manifesta aucun intérêt pour le repas et son stoïcisme persista tout le temps que dura le récit de Loki. Il ne disait pas tout et tut le nom de Solveig. Il tut tout ce qui concernait Nidavellir.

Sygn fut tout de même satisfaite de l'entendre, appliquant ses idées. Cela ne valait plus la peine de manipuler le cœur de la Belle, maintenant qu'ils profitaient de son feu et de ses victuailles. Loki préférait étaler tout son mépris pour Heimdall et Freyr l'y encourageait grandement. Quand il atteignit la fin du périple, le silence retomba. Par signes, Freyr prit son tour dans la conversation tandis que Freya prononçait ses paroles à voix haute. Il narra les conditions de leur départ d'Asgard, les récents conflits liés aux funérailles d'Odin. La vieille Frigga qui ne parvenait à raisonner ses enfants. Les humiliations que Thor infligeait à son épouse Sif en dépit de l’imminence de leur accession au trône d'Asgard. Il mentionna brièvement Skadi, qui, à la seule évocation de son mari Baldr, quitta le salon. Et les autres fils d'Odin, qui entre-déchiraient son héritage comme des corbeaux avec une dépouille. Et Njörd, qui avait décidé de rester parmi les ases, insulte mortelle envers sa race vane.

— Il ne reste rien des vanes. Asgard nous aura tout pris, conclut Freya avec amertume.

  Freyr posa la main sur la sienne, mais rien ne sut réchauffer le cœur de sa douce sœur. Aucun mensonge ne se mêlait à ses mots. Les vanes avaient perdu leur terre il y a bien longtemps, et si l'épreuve les avait affaiblis, la scission de la race, de leur peuple, enterrait tout espoir de reconstruction. Garder la mémoire apparaissait comme la dernière étape avant l'extinction. Cependant, dieu de la fertilité de son état, Freyr ne trahit pas sa réputation et fit feu de tout bois. Il se réjouit de plus belle de ces pommes d’or ramenées des Jardins de Torunn ainsi que de la venue de son fils.

— Où étiez-vous ? l’interrompit tout à coup Lokten.

Son ton était d'airain coupa net à tout bavardage annexe.

— Où étiez-vous ?

— Que veux-tu dire ? le défia Freya.

— Ma mère vous avait demandé asile pour moi. Vous aviez accepté. Vous saviez où j'étais, vous saviez ce qu'elle endurait. Alors, où étiez-vous ?

— Nous étions les prisonniers d'Asgard, rétorqua la Belle.

— Vous étiez dans des grandes halles, bâties à la sueur d'autres fronts que les vôtres. Vous dîniez à la table du Borgne, vous goinfrant de gibier qu'il n'avait pas chassé. Vous profitiez de ses pillages.

— Nous n’avons aucune leçon à recevoir de toi, misérable ! vociféra Freya.

— Où étiez-vous, quand ma mère vous a demandé secours ?

— Mon frère s’est sacrifié pour elle !

— C'est faux ! 

Freyr signa quelques mots que Lokten fut incapable de déchiffrer.

— Mon frère dit qu'il a toujours été du côté de ta mère et que son sort l'accable autant que toi. En revanche, si nous avions su quel rejeton ingrat était le sien, crois bien que je l'aurais détourné de cette cause !

— Ma mère est morte parce qu'il n'a rien fait.

— Lokten, ne soit pas si injuste, dit Sygn.

— Ce qui est injuste, siffla-t-il en pâlissant de colère, c'est que ma mère souffrait pendant qu’eux, s'apitoyaient sur leur sort, tout en dînant à la table de l'ennemi, en jouissant de tout ce qui leur était offert ! Et ils continuent maintenant, alors que la mort flotte autour d'eux. Cela ne les atteint pas. Ils n'ont érigé aucun temple, ils n'ont versé aucune larme pour leurs morts. Ils jouent à être rois comme si de rien n’était.

— Loki, quelle est cette bête enragée que tu as ramenée sous mon toit ? s’outragea Freya.

— Ma mère ! gronda Lokten. Ma mère est morte et c'est comme si personne ne se souvenait déjà plus d’elle !

Il se leva, vibrant de rage. Sygn se précipita à sa suite. Derrière elle, Freya s'excitait à grands cris courroucés.

Plongés dans la nuit, les couloirs se couvraient d'un mirage de givre. Sygn marchait, pressait le pas, et persuadée de sentir le souffle d'une âme contre sa nuque, se mit à courir. Bientôt, elle rattrapa Lokten dont la peau blanche disparaissait sous les écailles noires.

Passé le choc de la vision, Sygn réalisa n’éprouver aucune peur à l'égard de Lokten. Ils se connaissaient, ils étaient proches, presque semblables.

 

— Ma mère est morte, répéta-t-il en plaçant un sens derrière ces mots. Ma mère est morte.

Il n'avait pas été injuste, comprit tout juste Sygn. Personne, pas même elle, n'y avait pensé sous cette forme si simple. Sa mère était morte. Pour tous, Lopten n'avait incarné qu'une singulière présence, une entité crainte pour ses connaissances ou son apparence. De son vivant, nul ne l'avait perçue comme une personne à regretter tel que le serait une amie, une sœur, une épouse, une fille. Ou une mère. Sauf le fils qu'elle avait laissé. Et personne n'avait consolé son chagrin car Lokten n'était pas davantage considéré.

— Je suis désolée, Lokten, dit-elle tout bas. Je suis désolée que tu aies perdu ta mère.

Quand Sygn approcha la main de sa joue, Lokten ne se dégagea pas ; pas plus qu'il ne la repoussa quand elle passa les bras autour de ses épaules, et qu'elle frictionna ses omoplates endolories par le repli des ailes. Lokten s’agrippa ferme à la sorcière, son amie.

— Nous devrions lui faire des funérailles dignes d'elle, proposa Sygn lorsqu'enfin, imprégné de sa chaleur, Lokten la relâcha.

— Tu ne la connaissais pas, répondit-il sans reproche. Personne ne la connaissait. Je t'ai suivie parce que tu me conduisais là où ma mère m'avait dit d'aller. Mais maintenant, je veux partir d'ici, Sygn.

— Où voudrais-tu aller ? Nous pourrions partir dès demain, si c'est ce que tu veux. Et si Loki ne le voulait pas, alors nous… nous partirons sans lui.

— Je dois trouver quelqu'un qui la connaissait vraiment. Seul.

— Seul. Je... Oh, Lokten …

— J'en ai besoin.

— Comment feras-tu pour trouver une personne qui la connaissait ?

— Elle m'avait dit où le trouver.

— Qui ça ?

— Mon père. Et elle m'a dit comment le trouver.

— Qui est-il ?

— Elle n'a jamais révélé son nom. Elle disait que ce n'était pas nécessaire. Que je le reconnaîtrai en le voyant et que lui aussi, saurait.

— D’accord. Tu as raison. C’est la meilleure chose à faire, mais... Mais si tu n’y réussissais pas, promets-moi de ne jamais revenir près d'Alldrheim. Ne t'en approche plus, s'il te plaît.

— Comment ferai-je pour te revoir, alors ?

— Ce ne sera pas un problème, je n'y retournerai pas.

— Où iras-tu ?

— Comme toi. Là où le vent me portera.

— Mais nous nous reverrons un jour, n'est-ce pas ?

— Nous sommes amis, Lokten. Et cela ne changera pas.

C'est en silence qu'ils traversèrent les couloirs et atteignirent l'entrée du Palais de la Belle vane. Dehors, le jour n’allait plus tarder à poindre. Déployant de grandes ailes qui, pour la première fois, lui obéissaient sans largesse, Lokten s'éleva dans l'aube rouge et s’y fondit, sans se retourner.

Sygn fut incapable de se détacher de lui, de sa silhouette domptant les airs, même quand il n'en resta qu'un petit point noir. Pour l'apercevoir plus longtemps, elle grimpa sur le toit de la demeure, inscrite dans les reliefs aléatoires de la vallée.

La volonté de Lopten venait d’être exaucée.

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