Jardin des littératures de l'imaginaire
En cette saison, la moindre vie ne tenait qu’à un fil. Beaucoup s’éteignaient après une existence brève et dilapidatrice de senteurs et de couleurs, tandis que d’autres, plus robustes et surtout plus économes, se terraient à l’abri des morsures cruelles du froid, en subsistant sur de maigres rations. La déesse des bois veillait sur chacune d’entre elles, fussent-elles des graines orphelines parsemées au hasard ou les bulbes rigoureusement scellés dès l’automne. Toutefois, pour que survive la majorité, fallait-il accepter le sacrifice. Alors la sorcière se penchait sur ces créatures de racines rabougries et de feuilles fanées, et, ignorant les fines lames que les hautes herbes gelées dressaient vers elle, arrachait un tribut. Pour remercier l’offrande et bénir sa terre meurtrie, elle traçait du bout de ses doigts joints un losange sur sa plaie. Inguz, la rune de Freyr.
De retour à la Maison-dans-l ‘Arbre, Torunn déversait le fruit de sa cueillette sur la table.
Ce soir-là, elle gratta la terre agrippée aux aspérités des courges et aux feuilles fripées des choux. Elle hacha grossièrement trois tubercules et jeta le tout dans le chaudron.
Émergeant paresseusement du bouillon, une carcasse de lapin se défaisait de ses muscles et de sa graisse. La chair avait une belle teinte rosée. Elle fondrait sous la langue. Les lapins n’étaient pas simples à attraper, surtout avec la neige. Leur pelage virait au blanc – ainsi qu’en témoignait la fourrure qui séchait, tirée près du foyer, et leurs terriers se différenciaient à peine des congères. Sygn avait dû se donner de la peine. Pour repérer sa proie, elle avait sans doute eu à pister un renard, et pour le dépouiller sans tâcher sa peau, il avait fallu faire montre de minutie. Les qualités des sorcières grandissaient chez Sygn, Torunn le remarquait. Tandis que sa fille remuait méthodiquement le ragoût, Torunn remarqua également la crasse sous ses ongles et ses phalanges à vif. Le froid bleuissait ses doigts, même dans la sphère chaude du feu.
— Il aurait été plus simple de poser un piège à oiseaux. Avec ce temps, ils meurent de faim et l’appât le plus rudimentaire en aurait attiré une douzaine sans mal.
— Je sais, répondit Sygn. Mais tu préfères le lapin.
A la précaution excessive que sa fille accordait à la cuisson de la viande, Torunn comprit qu’elle redoutait de la rater. D’échouer tout près du but.
— Va voir dans ma chambre. Sur la petite table à côté du lit, il y a un pot en terre fermé par un bouchon bleu. C’est de l’onguent. Pour tes mains. Le froid ne doit pas s’installer dans tes muscles.
— Ça ne fait plus très mal.
— Vas-y, insista Torunn en lui prenant la spatule des mains. Je vais surveiller le lapin. Qu’il ne s’échappe pas.
Ce fut bien la première fois qu’elle vit un sourire se dessiner sur les lèvres gercées de Sygn. Du moins, en son unique présence. Torunn le savait, elle n’avait pas été juste avec elle. L’éducation de Siegfried avait joui d’une infinie tendresse tandis que celle de Sygn avait été aussi rugueuse et glaciale que l’hiver. Ce froid faisait désormais partie intégrante de sa nature et elle paraissait s’en accommoder comme d’une condition inéluctable. C’était un bon point.
Deux années s’étaient presque totalement écoulées depuis le départ de Lazare et de Siegfried. Torunn ne s’inquiétait pas mais la chose n’était pas sans la contrarier. Plus son fils demeurait aux griffes de la cité, plus elle ancrerait son influence en lui. Comme le froid en Sygn. Sauf qu’à l’inverse de sa sœur, Siegfried avait un esprit aisément malléable. Heimdall devait déjà lui avoir brossé un portrait flatteur de sa race et s’être attiré sa loyauté. Lazare devait s’en frotter les mains. La grande spatule racla le fond de la marmite et en fit gémir la fonte.
Son fils devait lui revenir.
Il lui avait échappé à la seconde où Lazare l’avait emmené. En comparaison, Torunn n’était qu’un amas de contes et de vieux souvenirs poussiéreux. Ses paroles n’avaient pour seule consistance que celle des mots, là où Alldrheim, elle, offrait une armure, une épée et un rôle à Siegfried.
Heimdall en ferait un pantin avant de le livrer à Asgard comme le fruit de sa réussite. Siegfried serait sa promesse d’une nouvelle ère, le pionnier d’une nouvelle génération de héros dévoués, prêts à se sacrifier au nom des dieux. Son avènement serait une douce musique aux oreilles du Vieux Borgne dont les enfants n’avaient pas réalisé le moindre exploit en un siècle. Saga devait s’ennuyer à mourir.
Torunn se préparait à retrouver un homme qui n’aurait plus de commun avec son fils que son nom. Elle s’attendait à retrouver un homme corrompu par des promesses qu’un enfant ne pouvait recevoir.
Elle y remédierait. A l’heure de sa gloire, Siegfried aurait à être le fils d’une sorcière s’introduisant parmi les dieux. Certainement pas un énième pion grossissant les rangs d’Einherjars. Tout cela aurait à être clair dans son esprit car, à l’heure fatidique, il n’y aurait aucun temps pour l’incertitude.
Ainsi, à l’évident insu de Lazare, Torunn avait œuvré à la création d’un sceau. Une marque imperceptible dont les racines s’enfonceraient dans les rêves de son fils et qui, éternellement, lui assurerait sa fidélité.
Quelques gouttes du Grand Fleuve suffiraient.
Derrière elle, un corbeau vint se posa à fenêtre. Le claquement de son bec attira l’attention de la sorcière, mais c’est un autre détail qui la retint. L’oiseau possédait une couronne de perles brillantes. En s’approchant, Torunn comprit qu’il s’agissait d’une multitude d’yeux, aux reflets multicolores. Un œil sur chaque monde. Le corbeau, Huggin ou Munin – elle n’avait jamais su les différencier – était le messager du Vieux Borgne. Le sang de Torunn se glaça. Odin l’avait retrouvée. Heimdall, ce sale rat, avait rompu leur pacte.
Chasser l’oiseau aurait été aussi vain que de le noyer dans la marmite mais Torunn n’aurait pas détesté le décapiter avec sa serpe. Il l’avait vue. Mais, alors qu’elle songeait déjà à empaqueter ses affaires et emmener Sygn, il agita joyeusement les ailes. Il sautillait en faisant cliqueter ses serres et, de son bec entrouvert, singeait un sourire édenté. Si un vieux fou avait fait le souhait de se changer en oiseau, il aurait été celui qui dansait dans l’encadrement de sa fenêtre. Il y a quelque chose d’autre.
Torunn le laissa entrer. Le croassement gai s’engouffra dans l’Arbre alors que le corbeau s’éleva dans les airs avant de se laisser tomber raide comme un mort - si bien sûr on omettait le battement frénétique dans son coffre. Puis il bondit à nouveau et éclata d’un rire grinçant. Du moins, avec sa gorge déployée et son bec grand ouvert, Torunn conclut que le grincement atroce qui s’échappait de son gosier en était un. Il riait. Et il recommençait son petit numéro. Décollant, s’écrasant, gisant, mimant l’agonie. Encore et encore jusqu’à ce que Torunn comprenne l’inscription gravée sur les neuf perles qui sertissaient son crâne minuscule.
Cela se pouvait-il réellement ? Elle plissa un peu plus les yeux. Oui. Cela se pouvait. C’était même logique. Cela avait fini par se produire, exactement comme cela se produisait partout au-delà des remparts de la Lointaine Asgard. Torunn se mit à rire à son tour. Un rire soulagé. Un rire qui la libéra d’une éternité de terreur.
C’est avec un morceau des entrailles fumantes du lapin dans le bec que reparti le messager – dont l’allégeance avait changé.
Sygn redescendit, les mains brillantes de baume. Visiblement, elle n’avait rien entendu. Distraite, Torunn resserra les bandages autour des doigts gercés de sa fille sans cesser de guetter la fenêtre. Le porteur de l’heureuse nouvelle ne reviendrait pas immédiatement. Elle avait beau le savoir, elle laissait bien volontiers l’espoir s’épanouir.
— Voilà, il faut un peu de temps pour que le remède fasse son effet, dit-elle d’une voix blanche. Maintenant, apporte-moi des bols s’il te plaît. Le souper est prêt.
Torunn servit le ragoût par de grands gestes imprécis et tremblants d’euphorie. Habituellement, la moindre maladresse l’insupportait, mais en ce jour si particulier, elle en plaisanta – laissant Sygn circonspecte. La joie débordait de son cœur et la titillait d’un irrépréhensible désir de partager cet espoir auquel elle avait presque renoncé. La nouvelle lui brûlait les lèvres.
— Ça te plaît ?
— Il y a quelque chose dedans le bouillon, dit Sygn après plusieurs cuillerées. Quelque chose de sucré.
— Ce sont les racines que j’ai cueillies.
— C’est impossible à trouver avec la neige.
— Ce n’est impossible que si on ignore où chercher.
— Mais la neige couvr…
— Je t’ai toujours vue grimacer quand il n’y a que des courges dans la soupe.
— C’est très bon.
En effet, Sygn avait déjà vidé la moitié de son bol. La chaleur ramenait la vie sur ses joues creuses et estompait ses cernes bruns. Elle avait grandi si vite qu’elle commençait déjà à vieillir. Quand avait eu lieu son enfance ? En avait-elle seulement vécu une ? Torunn plongea des yeux bien peu fiers dans sa part de ragoût. Sygn avait eu une enfance durant les présences fugaces de Lazare. C’était tout.
— Quand tu étais en haut, un corbeau est venu se poser sur le rebord, là, dehors et m’a apporté un message.
— Ah oui ? C’est bizarre, tu ne reçois jamais de… Qu’est-ce qu’il disait ?
— Il a traversé les royaumes pour répandre la plus douce des nouvelles. Le Vieux Borgne est à l’agonie.
— A l’agonie ? Mais comment… Qui envoie ce corbeau ?
— Il répond à une maîtresse qui vit dans la Forêt de Fer, près d’Asgard. C’est une elfe noire et une sorcière. Elle se nomme Tanagra.
— Vous êtes amies ? Tu n’as jamais parlé d’elle.
— Nous nous connaissions, répondit Torunn sans relever le reproche de sa fille. Elle était surtout l’amie de ma sœur mais nous étions en très bons termes toutes les deux.
Bien que Sygn avait obtenu des réponses claires, sa plus grande interrogation restait en suspens.
— Comment c’est possible ? Je veux dire… Les dieux peuvent mourir ? De quoi Odin est-il en train de mourir d’ailleurs ?
— Il semblerait que, privés des Pommes de Jouvence que cultivait jadis ma sœur, ils soient aussi vulnérables aux affres du temps que les autres peuples.
— Les pommes… ta sœur était…
— La déesse Idunn.
Il y eut un silence. En dépit des derniers mois, Torunn comprit avoir irrémédiablement perdu sa fille. Ou plutôt, elle réalisa ne l’avoir jamais eue à la manière dont elle avait eu Siegfried. Sygn n’était pas son frère. Elle ne cédait pas à la crédulité aisément. Aussi, mettait-elle en suspens toute parole dont l’origine lui paraissait douteuse. Et c’est ce qui produisait, en cet instant. Sa propre fille ne la croyait pas. Sygn réfléchissait exactement comme elle avait grandi. Seule. Et si Torunn ne pouvait le lui reprocher, ainsi qu’elle ne pouvait lui reprocher son présent mutisme, elle le regrettât profondément.
— Tu as vécu parmi eux ? demanda Sygn.
— Il y a longtemps.
— Comment c’était ? Comment sont-ils ? Je sais que tu les détestes, mais je ne sais pas… Tu les détestes personnellement, ça se voit, mais tu n’as jamais dit ce qu’ils t’avaient fait.
Le fauteuil de Torunn gémit quand elle s’y trémoussa. Bien que la curiosité frontale de Sygn ne la surprît guère, l’affronter n’en était pas moins une épreuve. Torunn chercha du courage dans l’âtre, où les flammes faisaient crépiter les bûches. Elle le chercha dans toute cette maison où avait grandi son fils, dans la bague qui avait scellé ses épousailles avec Lazare. Idunn appartenait au passé et pourtant, Torunn la voyait partout. Elle la voyait assise au bord des étagères, garnies de pots de confitures dont Idunn lui avait confié les recettes. Elle la voyait dans ses Jardins où s’épanouissaient des plans de pommiers, dans la cicatrice blanche entre son index et son pouce et qu’Idunn avait soigné. Idunn hantait chaque parcelle d’un présent qui, par la visite du corbeau, s’était achevé. C’est sur l’appui de fenêtre où il s’était posé, que Torunn puisa la force de parler.
— Asgard brille du sang sur lequel elle s’est construite. Dans ses murs, grouillent les cadavres des ennemis désignés par Odin. Son palais est fait des os des géants de Jotunheim et sa chambre est creusée dans le crâne d’Ymir. Ses fils se goinfrent sur les trésors pillés aux quatre coins des royaumes et ses filles se vautrent dans des draps marqués des meurtres et des souffrances de leurs précédentes propriétaires. Je les déteste pour ce qu’ils sont et pour ce qu’ils nous ont fait. Tu dois te demander pourquoi j’ai vécu parmi eux, dans ce cas.
Vois-tu, Odin a passé sa vie à désirer ce que d’autres possédaient. Il voulait être le seul dieu, alors il a tué Ymir, le premier géant. Il voulait connaître le Seidr, alors il a tenté d’apprivoiser la Grande Enchanteresse. Quand elle a refusé de lui confier ses secrets, il a voulu la brûler mais n’ayant pas renoncé au Seidr, il s’en est pris aux Vanes, qui le connaissaient aussi. Cette fois, Odin n’a pas usé de ruses ou de charmes. Il a utilisé la force sans sommation. Il a brûlé, il a pillé, exactement comme il l’a fait en d’autres royaumes. Je me souviens encore du jour où il est arrivé. La manière dont il nous regardait du haut de son cheval. Il nous a enchaînés. Il nous a traînés hors de chez nous et a laissé des milliers de cadavres derrière lui, sans personne pour les honorer par de dignes funérailles. Des hommes, des femmes, des enfants. Des vieillards, des simples d’esprit, des infirmes, des femmes sur le point d’accoucher. Il a séparé des familles, arraché des bébés à la poitrine de leur mère. Des gens qui n’avaient jamais manié l’arme et qui auraient été incapables d’écraser un insecte sous leur botte.
A nouveau, Torunn s’interrompit. Le Vieux Borgne lui apparaissait encore nettement. Son œil unique, injecté du sang des neuf royaumes, la jaugeant du haut de son piédestal. Son mépris tandis qu’il évaluait leur valeur comme des têtes de bétail avant t’établir le montant de leur vie ou celui de leur mort. Son indolence tandis que les Vanes déposaient toutes leurs richesses à ses pieds. Idunn, se jetant sur les sabots de son cheval, l’implorant d’épargner sa vie et celle de sa sœur. Ce jour-là, Idunn vendit son unique don et promit de cultiver des fruits magiques, qui accorderaient à Odin la seule chose que la plus féroce conquête ne pouvait lui octroyer, la seule richesse qu’aucun pillage ne pouvait faire sien : la Vie Eternelle. La Vie Eternelle en échange de celles, fugaces, de deux Vanes insignifiantes. Deux vanupieds, avait-il raillé en délaçant le corsage d’Idunn. Thor avait grassement ri.
— Nous sommes devenus les otages des ases. Le temps a fait de notre captivité une cohabitation mais ne t’y trompe pas. Notre renoncement était le prix de cette paix. Décennie après décennie, les tensions se sont apaisées - officiellement. Des liens plus ou moins étroits se sont tissés entre eux et nous. Par la force des choses, j’imagine. Il y a eu des banquets et des fêtes qui, pour la plupart, se sont terminés en orgie. Il y eut des unions célébrées dans la nuit et bien des naissances bâtardes. Mais rien de cela n’a jamais guéri la terre brûlée de Vanaheim. Je crois que… Idunn a fini par s’en accommoder, mais moi je n’y suis jamais parvenue.
— Et qu’est-il… qu’est-il arrivé à Idunn ? Comment…
— Je pense que cela suffit pour ce soir, coupa Torunn. Laisse-moi un peu de temps. Encore un peu.
— Je suis désolée. Je peux juste te demander autre chose ?
— Sur quoi ?
— Sur Tanagra. C’est une vane, elle aussi ?
— Oh … Non. Tanagra est une elfe noire. Elle s’est installée dans la Forêt de Fer faute de mieux, à dire vrai. C’est une paria, explicita Torunn. Son peuple la rejette parce qu’il la croit complice des asgardiens et les asgardiens la rejettent parce qu’elle fréquente le plus infréquentable d’entre eux.
— Pourquoi accepte-t-elle tout cela ? Et pourquoi ce n’est pas cet asgardien, le paria ? s’indigna Sygn.
— Oh, le dieu Loki à-la-langue-de-serpent est aussi un paria, ronronna Torunn. Odin déteste autant la malice de son frère d’adoption qu’il ne lui doit. Et la cour asgardienne déteste Loki pour sa fourberie mais elle le garde tout contre son cœur afin d’avoir toujours quelqu’un à blâmer sous la main. Loki est sans nul doute celui sur qui repose tout l’équilibre de ce royaume. C’est un étranger qu’il est aisé d’accuser et un ennemi commun qui n’existe que pour souder des clans qui ne se supportent pas autrement.
— Tu ne nous racontais pas beaucoup d’histoire sur lui, quand nous étions petits.
— La plupart sont obscènes, ne m’en veux pas, répliqua Torunn avec un certain plaisir.
— Bouc émissaire, est-ce un rôle mérité, pour autant ?
— C’est difficile à déterminer, admit-elle. Il est un dieu versatile dont nul ne cerne les buts, mais tu sais, je crois qu’il n’en a pas davantage qu’un chat torturant une souris. Il n’est pas le coupable de tout ce qu’on lui reproche mais il est l’auteur de suffisamment de troubles pour justifier d’être suspecté lorsque disparaît une corne d'hydromel. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas quelqu’un de fiable. Mais il ne l’est pas moins que les autres, alors…
Torunn laissa sa phrase en suspens. Evoquer quelqu’un haïssant le Vieux autant qu’elle avait eu quelque chose de réconfortant. Loki devait se réjouir de l’état de son frère. Avait-il quelque chose à y voir ou bien la vieillesse en était l’unique cause ? Il serait inutile de le lui demander. Si Loki avait eu un rôle dans cette histoire, il finirait tôt ou tard par s’en vanter.